22 juillet 2018

Pauvreté de notre Eglise

A bien y songer, je ne trouve pas de meilleure photo qui illustre la pauvreté actuelle de notre Eglise :

pauvreEglise

 

Dans un coin poussiéreux et humide, une Marie laide au possible, cache malencontreusement un tronc dont tout le monde a honte et des hauts parleurs qui nous rappellent qu'aujourd'hui, n'importe qui a le droit de chanter et de s'exprimer ici, même ceux qui n'ont pas de voix. Une malheureuse bougie éclaire le tout durant la célébration avec à côté, des traces de cire qui n'ont pas été nettoyées. Des fils débranchés pendent à terre et cachent la prière, que personne n'ira lire puisqu'il faudrait déplacer le bougeoir.

Rien n'a été pensé pour les gens qui viennent. Tout respire l'accumulation de vieilles habitudes et l'egocentrisme.

Laisser un tel bouge, c'est montrer son peu de foi. Cependant, personne n'a honte, ni n'imagine qu'il s'expose ainsi à un jugement bien dur : ces croyants là sont sans ferveur. Ils se sont laissés aller. Car dans ce cas, il n'y a pas de question manque de moyens, de main d'oeuvre, ou d'excès de surmenage. Il suffirait d'un petit coup de balai pour faire mieux.

En Espagne, de pauvres pratiquants bien modernes s'engagent dans des restaurations d'oeuvre d'Eglise qui les dépassent, et se rendent ridicules aux yeux du monde. Ce mouvement est le même ici sous une autre forme. Combien il faut être imbu de soi, aveugle, lâche et orgueilleux pour s'imaginer laisser à l'abandon un tel lieu sans que cela ne crève les yeux. Il est aussi terrible de penser que des gens extérieurs à l'Eglise sont souvent à l'origine de la dénonciation de telles forfaitures, comme s'ils avaient plus d'amour pour l'Eglise que nous n'en avions. Cette situation me rappelle une maxime : apprendre à voir ce que nous voyons. Tout indiquequ'ici, nous en sommes incapables. Il nous manque d'être présent au monde tout simplement, et surtout à Dieu. 

De nombreux pans de l'Eglise sont ainsi laissés à l'abandon. Si nos pasteurs entreprennent de grands travaux pour améliorer, restaurer les bâtiments qui leur ont été confiés, ils ont toutes les peines du monde à insuffler à leurs paroissiens cet esprit qui ferait de nous des croyants un peu meilleurs, qui ne toléreraient pas le laisser aller. Il faut dire que ces pasteurs composent plus qu'ils n'évangélisent, se mettent au service des gens plus qu'ils ne veulent leur rendre service. Dès lors, difficile d'entrer en contact en vérité.

Ces temps de mollesse cachent de grands maux : notre incapacité à aimer, toujours plus. Et même, plus prosaïquement, notre incapacité à vouloir aimer. Nous nous cachons derrière de grands idéaux de tolérance affichés. Dans le réel, nous fuyons les conflits pas lâcheté, par refus de l'autorité, par manque d'humilité et plus généralement de vertu. Notre prière s'adresse au monde, aux autres, tandis que personnellement nous ne cherchons pas à nous améliorer. 

Les gens qui critiquent le Vatican à cause de sa magnificence oublient que nos ancêtres qui l'ont construit ne pensaient pas à vivre dans l'oppulence. Ils voulaient que leur obole soit un signe de foi intérieure, une foi qui était grande. Aujourd'hui, des gens qui n'ont plus de foi se permettent de critiquer d'autres qui étaient moins radins qu'eux, plus avides de beau, et désintéressés. Un comble.  

Vous trouverez étrange que j'aime à me mettre dans ce coin durant la célébration. En fait, j'ai l'impression de ne jamais aimer tant mon Eglise qu'en ce genre de circonstances. J'aimerais bien que nous nous mettions à aimer Dieu. J'ai bien conscience qu'un catholique isolé est un catholique en danger. Mais apparemment, Dieu veut qu'il en soit ainsi. J'essaie donc de progresser, petit à petit, et seul. Et je le prends comme un moindre mal puisque rien n'est à sa place. Surtout pas cette statue ou ce bougeoir. 

Posté par Sebastien CORNUT à 19:56 - Humeurs - Commentaires [0] - Permalien [#]
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