20 août 2018

L'été

J’apprécie les fortes chaleurs et le soleil pesant

Qui m’obligent à me réfugier derrière mes murs épais

J'aime sortir en fin de journée

Marcher dans les champs jaune paille

Et qui respirent le pain grillé

Il est temps d’arroser, de sauver ses derniers plants

 

Tout le monde est ailleurs

Jamais le silence n’est si grand

Jamais le ciel étoilé n’est si paisible et si parlant

C’est l’été

L'humanité s’est arrêtée

Le goudron a brûlé

Les routes ont été désertées

Les récoltes attendent d’être ramassées

Des inconnus attisent un barbecue 

Leurs enfants courrent tout autour

La campagne est conviée au festin

Du moins par l'odeur qui se hume de loin

 

Le soleil se couche à regret,

Orangé, rouge, clairsemé, obstrué par des nuages évanescents

Si paisible, transformé sans condescendance

Acceptant à l'occasion d'être admiré

Toute cette majesté, en fait, c'était une invitation

Eh bien, prenons rendez-vous demain à 15h,

Nous lui répondons

Sauter dans la rivière fraîche et lascive du temps passé

Au milieu des algues dansantes,

A côté de grands arbres désaltérés

Sous le pont de pierre de mon pépé

Et lui faire encore un pied de nez

 

L'été,

 

Des aubes balayées par un vent de mer

Qui a parcouru des dizaines de kilomètres

Arrive à l’intérieur des terres

Relâche son air iodé

Délivrant au matinal, à l'ouverture de ses fenêtres

Une bouffée d’aventure déjà vécue

De jeunesse perdue au bord de mer

De camp de vacance éphémère et pittoresque

De pin de sable de coquillage, et de marée

De randonnée vers l’inconnu

Passé qui est tout

Passé qui n'est plus

 

Mêmes le défilé d'avions semble supportable

Ne cessant pourtant de scarifier

L’azure lacéré de ce spectacle immémoriel

Étrangers

Foulant aux pieds ce qu'ils rejoignent

Fuyant la torpeur de leurs villes écarlates

Polluant des lieux qu'ils n'habitent pas

Trop lentement, ils nous dépassent,

Ne laissant trace de leur passage

Que l'affeux bruit de leurs fumées

Toute cette intelligence pour ça !

Faisons comme s'ils n'existaient pas

La chaleur, la langueur les écrase,

Une fois dans l'année, la vérité les surpasse. 

 

Je suis fatigué, je suis écrasé

Je sue, je goutte le teint rosé

Buvant parce qu’il le faut, jamais désaltéré

Plein de vie, rempli d’une ardeur

Impossible à exprimer, impossible à refréner

Sanguine et violente

Brûlant mes veines, me consumant,

Me cloisonnant à mes limites d’être vivant.

 

 

EteChristmin2

Posté par Sebastien CORNUT à 11:31 - Poème - Commentaires [3] - Permalien [#]
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