24 novembre 2021

(covid19 #8) La civilisation des terrasses

Je vois de mieux en mieux comment Rome a pu sombrer, vermoulue par des conceptions indolentes de l'existence, incapable de réagir puis de se battre contre un mal qui était intérieur. Ce mal, je l'aperçois désormais clairement dans notre société. Nous avons renoncé à toutes nos libertés pour conserver le droit de boire un café en terrasse. Les corrompus appellent cela la « civilisation à la française ». Dans ce cas, il est normal qu'elle disparaisse.

 

Elles étaient belles ces deux filles, avec leur boisson, samedi dernier pendant que nous manifestions. Médecins urgentistes qui ont refusé mon tract, parce que vous comprenez, elles étaient médecins urgentistes. Moi, je ne comprends toujours pas, et surtout, je refuse de comprendre. L'accès à un métier intellectuel dans notre société vous oblige-t-il donc à renoncer à toute réflexion au milieu d'une crise sanitaire ?

 

Des femmes, des femmes belles et logiques avec elles-mêmes. Des femmes à qui il faudrait interdire l'accès à tout emploi de cadre au nom du droit des femmes à rester femmes apparemment. Des femmes obéissantes quand la menace est crédible. Si dans ma réflexion, je dépasse celles-là de plusieurs têtes, je n'ai cependant pas la force sociale de les soumettre. Je ne suis rien et elles le savent. Comme si rien n'était à sa place dans notre société parce que l'esprit femme aurait pris la place de l'esprit homme, ou peut-être parce que l'esprit homme a renoncé. 

 

Plusieurs fois depuis le début de cette crise sanitaire, je me suis fait la réflexion de la baisse du niveau médical. Je veux dire par là que les savoirs de ces personnes n'ont jamais été aussi importants, mais que leur savoir-être a déchu. Un médecin dans notre société, n'est plus un être humain. Et voilà encore plus longtemps qu'il n'est plus respectable. Les anciens ont lutté pour éviter de devenir des machines à soigner, mais ils ont été vaincus et se sont fait dépasser par de nouveaux arrivants qui ont fini par y trouver une forme de confort. Ils prescrivent et appliquent des procédures sans avoir à réfléchir. Ils se comportent en machines et seront donc remplacés par des machines. Ils le sentent mais en profitent, en attendant la chute.

 

Les gens qui viennent voir un médecin ne comprennent pas pourquoi ils ne sont plus soignés. Or ils attendent de lui les performances d'une machine. Ils voudraient qu'il soit l'égal d'un dieu, répondant à toutes leurs attentes enfantines, scientisme contemporain oblige. Forcément déçus, ils se plaignent à la société, qui devrait répondre à leurs angoisses par des remèdes clefs en main. D'où le tout vaccin. Le vaccin ne marche pas, mais les citoyens ont si bien abandonné l'idée d'être soignés, qu'ils placent toutes leurs espérances en lui. Nous avons les médecins et les hommes politiques qui nous ressemblent, de ces humains qui jouent la comédie des dieux machines.

 

Tout appelle la chute dans notre société. Cette volonté de s'accrocher à des futilités, tandis que l'essentiel est abandonné sans remord. La France vaut bien un café sans doute. Les terrasses y occupent donc l'espace, de plus en plus. A Angoulême, je n'ai jamais vu le centre-ville si rempli de tables et de chaises. Nous sommes fin novembre, il fait froid, mais les gens continuent de goûter ce dispositf. Le réchauffement climatique certainement. 

 

Depuis les attentats syriens en France, la terrasse a même été sanctifiée. A cause des morts. C'est notre Verdun. Les nouveaux Allemands à barbe ont dû éprouver une sorte d'orgasme à tirer dans le tas, j'imagine. Le laisser-aller est partout en terre non catholique. Les gens qui se détestent se ressemblent tellement.

 

Suite à la crise sanitaire, l'accès des sanctuaires à été restreint aux seuls vaccinés à jour. Les bons Français ont la possibilité d'y communier, parce que comme avant, ils ont les moyens de leur lascivité, mais aussi désormais, parce que l'état les juge dignes d'entrer dans le saint des saint. Combien de citoyens sont fiers de pouvoir s'approcher de l'autel limonade. Le côté misérable suinte. Personne n'y prend garde. Pas même les manifestants jaloux d'un droit qu'ils n'ont plus. 

 

Le patron de ce bar lors de la manifestation, non content de m'imposer son horrible mobilier, a cherché à me chasser de ce qu'il considérait être son territoire. J'ai dû rappeler la loi à une personne qui vit exclusivement de coercition étatique. Finalement excédé par son attitude, lui qui voulait "protéger" ses clients, eux qui n'avaient rien demandé, tout le monde veut protéger tout le monde en ce moment, pour mieux défendre ses intérêts, j'ai fini par lui dire qu'il ne devrait pas être si fier de gagner de l'argent sur la misère du monde. Les consommatrices ont pâli. L'écart entre leur réalité humaine et leur statut social, leur est apparue crûment. Tout au moins ont-elles pu l'entre apercevoir. Les hommes attablés eux, ont baissé la tête. Ils étaient déjà au courant. 

 

La suite, je ne l'ai pas voulue, mais elle était tellement méritée. Attiré par mes récriminations envers le patron, le reste de la manifestation est venu me rejoindre, et les clients, hommes et femmes, indifféremment, se sont faits humiliés par une force cette fois, bien supérieure à la représentation sociale à laquelle ils avaient délégué leur liberté. Le dialogue en a été coupé d'autant. Dommage. Mais quand on ne respecte que la force...

terrasse

 

 

Posté par Sebastien CORNUT à 11:40 - Humeurs - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur (covid19 #8) La civilisation des terrasses

  • La France ne perdra pas son âme, c'est impossible. Ils ont essayé tout au long de notre histoire. Ils essaient encore, fortement, mais ils ne réussiront pas, ils n'ont jamais réussi.
    Nous sommes forts de notre littérature qui nous imprègne jusqu`à la moëlle (même celle des plus incultes), de nos combats idéalistes, de notre besoin de savoir et d'apprendre, de notre vision de la vie, de nos principes. Tout cela est solide.
    Ce qui nous divise momentanément, ce sont les peurs. Le subconscient de la terre a descellé le lourd couvercle de son tombeau et se répand sur la planète. Beaucoup, enfants, ont cru au monstre caché sous le lit dans l'obscurité de la chambre, puis ils l'ont enfoui loin, le croyant oublié. Et voilà qu'il réapparaît sous la forme d'un virus "fulgurant", terrifiant, menacant, mortel..
    L'homme est lent à soigner ses blessures mais il finira par le faire.
    Cette crise permettra, je l'espère, un grand nettoyage....

    Posté par Aube03, 03 décembre 2021 à 23:49 | | Répondre
    • En ce moment, les Français ont réussi à me faire douter à cause de leur comportement abjecte.

      Posté par Sebastien CORNUT, 07 décembre 2021 à 11:30 | | Répondre
  • Oui, un comportement sidérant, très inattendu de la part d'un pays réputé pour être réfractaire et grande gueule. Beaucoup de naïveté aussi...

    Posté par Aube03, 09 décembre 2021 à 14:45 | | Répondre
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